Aujourd’hui, nous remontons vers le nord et, chemin faisant, sous le soleil presque toscan, le jardin des Tarots nous happe littéralement. Cette œuvre de Niki de Saint Phalle regroupe, au cœur d’un parc arboré et collineux, 21 sculptures géantes qui représentent les 21 atouts du jeu de tarot. Ainsi, par exemple, Justice, Choix et Tempérance côtoient-ils Soleil, Diable et Lune. La déambulation s’avère des plus ludiques, car les couleurs foisonnent, le verre réfléchit et les formes interpellent. En plus, on peut toucher, grimper et enlacer. On peut même rire et s’exclamer. Pas même obligés de suivre les profs. La liberté dans tous ses états. De fait, tous les visages, juvéniles comme ridulés, arborent de grands sourires et laissent rayonner joie et bonne humeur. Mais le bus nous attend et c’est heureux et contents que nous poursuivons notre route.
Le paysage est splendide. Les enseignantes exultent devant tant d’harmonie ; elles s’emballent un peu et souhaitent partager leur émoi avec le jeune : le bleu d’un lac en accord parfait avec le vert des reliefs et l’ocre des pierres se doit d’être signalé. Mais le jeune est jeune et s’en contre-fiche d’un lac. Nous le réalisons amèrement lorsque l’un d’eux ose laisser échapper un terrible et cruel « il est où leur lac ? » !!! Bam ! Mais, nous ne nous sommes pas laissées traiter de vieilles et avons grassement insisté. Ils ont fini par le voir ce lac et ils vont même en rêver cette nuit. Non, mais ! (Il était vraiment beau !) Néanmoins, dans la lumière du soir, au cœur des vertes collines toscanes ponctuées de vignes, de cyprès et de villages perchés, les « Waouh ! Regardez le paysage ! » fusent chez nos ados, tandis que crépitent les appareils photos. Tout n’est pas perdu.
Nous voici donc, pour notre dernière nuit dans un lit italien, à Chianciano Terme. L’hôtel, un brin désuet, est calme, fort charmant et doté de tout le confort moderne. Après avoir investi nos chambres réparties sur trois étages, nous filons aussitôt dîner au restaurant de l’hôtel voisin. C’est grand, c’est chic, c’est louche. Et, en effet, malgré les nappes, les surnappes, les petits bouquets de fleurs en plastique, les chaises houssées de blanc, le pain dans des corbeilles et les serveurs cravatés tout à notre service, nous n’échappons pas aux sempiternelles pâtes à la tomate et enchaînons avec tout ce que nous n’avons jamais avalé jusque-là de plus insipide : des escalopes de veau aussi froides que fermes, accompagnées de rondelles de carottes spongieuses.
Ce mauvais repas est toutefois bien vite oublié, puisque trois de nos petits, dont nous ne soupçonnions pas le talent, prennent place tour à tour derrière le piano à queue de l’hôtel et nous livrent un concert improvisé des plus émouvants. Tout le groupe, ébahi, écoute religieusement. Merci et bravo à eux !
Sur ces belles notes, nous regagnons nos chambres.
Mot de 7h21 : le buffet du petit déjeuner fait gagner deux étoiles au restaurant de la veille.


































































































